
Il est normal d’entendre Debbie Ehirim avant de la voir. Connue sous le nom de Debbie, l’artiste du sud de Londres apparaît d’abord sur scène sous la forme d’une silhouette, permettant à sa voix profonde et corsée de déclencher l’action d’un groupe de trois musiciens. Ce soir (9 juin), l’Omeara (320 places) de la capitale accueille son tout premier concert en tête d’affiche ; elle se pâme et délivre des mélismes doux et des notes aiguës avec peu, voire pas du tout, d’aide de la part d’un accompagnement.
La puissance vocale de Debbie et son charisme brûlant et gagnant sont immenses. Elle sourit d’un air conspirateur et tourne autour de son pied de micro tandis qu’un projecteur aux tons cramoisis ajoute de la profondeur à l’ouverture sombre de ‘Cherry Wine’, avant que ‘Cousin’s Car’ ne s’incline avec une énergie étourdissante, à parts égales de joie et d’énergie nerveuse. La reprise de « Crazy In Love » de Beyoncé, quant à elle, est une déclaration d’intention pleine de confiance.

Avant d’apparaître dans le NME 100 2023, la jeune femme de 23 ans s’est fait connaître à la fin de l’année dernière après avoir participé en tant qu’auteur-compositeur principal à la chanson « This Is What I Mean » de Stormzy. Les deux artistes sont signés sur la marque britannique du légendaire label Def Jam, qui tire son nom « 0207 » de l’indicatif régional de Londres. En présentant une reprise de « Firebabe », l’un des cinq titres que Debbie a écrits pour Stormzy, sa voix se fend d’émotion lorsqu’elle remercie son proche collaborateur de l’avoir aidée à concrétiser sa vision. Peu après, l’homme lui-même fait son apparition en duo sur le luxuriant ‘Give It To The Water’. La salle est en ébullition, même si la surprise est quelque peu gâchée par un canal de lumière blanche qui s’échappe d’une porte de coulisses parfaitement visible.
Le reste de la soirée se résume à l’assortiment de bangers pop et R&B de Debbie, autant de délicieux moments d’euphorie à combustion lente. Dans un espace sursaturé, pour les nouveaux artistes, accumuler des statistiques de streaming impressionnantes peut parfois sembler une forme intangible et presque passive de succès – le récent single ‘Is This Real Love?’ a déjà dépassé la barre des 2 millions – mais l’ascension de la carrière de Debbie s’est clairement traduite par un public engagé et en plein essor. Un vidéaste doit se frayer un chemin parmi les fans qui chantent à tue-tête l’intro de « I’m Different » ; Debbie les laisse faire, riant en buvant une gorgée d’eau à partir d’une bouteille discrètement cachée derrière un haut-parleur.

Quiconque ne s’investit pas pleinement dans les hymnes discrets et rafraîchissants de Debbie pourrait trouver que le spectacle traîne en longueur, du moins au début : les chansons s’enchaînent sans heurt, avec peu de bavardages sur scène. Mais si l’on supprime les atmosphères enfumées et les répétitions méticuleuses sur scène, Debbie reste une artiste habile, intelligente et engagée. Son potentiel est puissant.
Debbie a joué :
‘Cherry Wine’ (vin de cerises)
‘You Belong To Me’ (Tu m’appartiens)
‘Cousin’s Car’
Règles
‘Summer In December’ (L’été en décembre)
‘Crazy In Love’ (reprise de Beyoncé)
‘I’m Different’ (Je suis différent)
‘Firebabe’ (reprise de Stormzy)
‘Give It To The Water’ (avec Stormzy)
Tony’s Gotta Leave
‘Stay’
‘No Way’
‘Is This Real Love’
‘All Night Long’ (Toute la nuit)






