Fin 2019, une nouvelle voix bien formée est arrivée dans les rangs du post-punk britannique. Do Nothing’s ‘LeBron James’ a été un véritable coup de tonnerre, un single avec un tel swing, un tel tranchant et un tel point de vue ironique que la célébrité semblait acquise. Il a cependant été suivi d’une période de silence, au cours de laquelle le groupe de Nottingham a décidé de faire une pause pour se recentrer. Après ce qui fut, selon leurs propres termes, « un bégaiement créatif », ils reviennent aujourd’hui avec leur premier album « Snake Sideways », présentant une nouvelle version introspective d’eux-mêmes.

Les changements subtils sont immédiatement visibles sur le premier album, ‘Nerve’, où les éclats électriques tranchants du groupe de Nottingham ont été adoucis, maintenant teintés de la guitare acoustique de Kasper Sandstrom. « Ils vont te virer dans la matinée / Pourquoi ne finis-tu pas ce que tu as commencé ? » chante le leader Chris Bailey, exprimant un sentiment d’insécurité et de doute de soi.

Le premier single  » Happy Feet  » porte la carte de visite originale du groupe, avec des riffs anguleux et dansants et des paroles souvent hilarantes qui établissent des liens entre les protège-dents et la consommation d’eau de Javel. En même temps, le morceau est un collage de désaffection : « Ne vous inquiétez pas si vous ne savez pas ce que vous faites / Je ne sais pas non plus ». Bailey signe la fin, sérieusement.

‘Amoeba’ possède le ver d’oreille le plus caractéristique de l’album sous la forme d’un riff de guitare déformé, et Bailey est à nouveau en forme contemplative. « We’re all just waiting around / For you to wake up and let us all down, » (Nous attendons tous / Que tu te réveilles et que tu nous laisses tous tomber). Le charme énigmatique du morceau prouve que Bailey n’est pas le seul membre du groupe à mériter d’être comparé à The Fall.

Il y a des signes d’évolution musicale dans le son du groupe, comme la ligne déconcertante de statique qui siffle à travers  » Snake Sideways « , ou le lit de production numérique qui sous-tend  » Fine « . Le clavecin qui s’épanouit sur  » Hollywood Learn  » est une autre amélioration qui laisse présager des récompenses plus riches à l’avenir si le groupe continue à suivre ses instincts.

La fraîcheur qui électrisait « LeBron James » n’est cependant plus aussi évidente, avec une conviction qui s’est quelque peu atténuée. Reste à savoir si Do Nothing pourra utiliser les solides fondations de ‘Snake Sideways’ comme rampe de lancement pour s’élever vers les hauteurs vertigineuses de leur promesse initiale.

Détails

  • Date de sortie : 30 juin
  • Maison de disques : Le Verger