Lana Lubany

On a l’impression que les vitraux qui ornent Fabrica vont se briser en morceaux. Sur la scène de cette ancienne église, Lana Lubany tape du pied en tandem avec une grosse basse qui fait trembler la salle, parfaitement synchronisée. En bougeant son corps, en exagérant les roulements de son cou et en étirant ses bras vers l’extérieur, elle donne de l’énergie à une foule habituellement stoïque en fin de soirée. Il s’agit là d’une démonstration d’habileté pop qui ne s’apprend pas.

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Lana Lubany, auteur-compositeur de Jaffa, en Palestine, fait preuve d’une grande confiance en elle. Ce que la grosse sono de la salle de ce soir (11 mai) détruit, elle le compense par le choc et l’émerveillement qu’elle procure. Présentant les chansons de son prochain projet « The Holy Land » au festival The Great Escape de Brighton, la jeune femme de 25 ans passe de l’anglais à l’arabe en chantant, contrastant des moments tranquilles de production digne de l’ASMR avec des refrains tonitruants. L’ouverture « Where’s My Iris » est annoncée par des lumières blanches, vertes et rouges aveuglantes, tandis que le producteur et guitariste de Lubany, Ben Thompson, accompagne ses prouesses vocales d’un doux accompagnement acoustique.

Il faut dire que Lubany dispose d’une réserve de chansons indéniablement géniales. Après avoir décroché un succès incontestable avec la ballade électro-pop « The Snake » – interprétée ce soir avec de nombreux gestes expressifs de la main – Lubany est devenue le fer de lance d’une percée mondiale de la musique arabe, récoltant des millions de vues sur TikTok aux côtés de son ami proche et compagnon de tournée, Saint Levant. Elle reconnaît ce mouvement, rompant avec les lignes de concert habituelles (« Comment vous sentez-vous ? ») par des discours qui honorent cette rupture actuelle du cloisonnement traditionnel de l’industrie de la musique.

Lana Lubany
Crédit : Presse

Point Of No Return » est d’une simplicité folklorique, tandis que « Clones » s’adonne au funk plein et agité de l’époque « Justified » de Justin Timberlake, représentant une aura plus discrète – du moins jusqu’à ce que Lubany se lance dans « Sold ». Le morceau est si corsé dans ses élans théâtraux qu’il fait passer le reste de la performance de Lubany pour un simple échauffement.

Il est difficile de penser que Lubany n’est pas divertissante et exagérée, d’autant plus qu’elle ressent visiblement chaque rythme. Il est donc légèrement décevant que Lubany choisisse de chanter sur une piste d’accompagnement assez boueuse ; le soutien de choristes aurait certainement mieux accentué sa propre prestation. Cependant, c’est en surmontant ces écueils techniques que Lubany pourra réaliser tout son potentiel en tant qu’interprète.

C’est une chose d’écrire une collection de chansons pop bilingues et de les voir devenir virales dans des pays qui ne parlent pas la langue. C’en est une autre de les interpréter avec autant de cœur et d’ardeur, en prenant la tradition culturelle et en la transformant en une expérience qui fait vibrer l’arène.

Lana Lubany a joué :

‘Where’s My Iris&#8217 ;
‘Clones&#8217 ;
‘Expectations’
‘Renaissance’
‘Point de non-retour&#8217 ;
‘On My Way&#8217 ;
‘Le serpent&#8217 ;
‘Vendu&#8217 ;

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