Harry Belafonte – le chanteur de calypso le plus connu pour sa chanson fétiche « Day-O (The Banana Boat Song) », ainsi que pour son militantisme en faveur des droits civiques – est décédé à l’âge de 96 ans.

Le vétéran de la scène et militant des droits civiques est décédé à son domicile de Manhattan des suites d’une insuffisance cardiaque congestive, comme l’a confirmé son porte-parole Ken Sunshine à l’AFP. Le New York Times.

Belafonte a commencé sa carrière à la fin des années 1940, et l’on pense que sa toute première prestation en direct a été soutenue par les légendes du jazz Miles Davis et Charlie Parker. Son premier album, « Mark Twain and Other Folk Favourites », est sorti chez RCA en 1954.

C’est toutefois la sortie de son troisième album studio, « Calypso », qui lui permet de percer. Avec « Day-O » en ouverture, l’album est le premier à dépasser le million d’exemplaires vendus.

Belafonte a été prolifique jusqu’au début des années 70, publiant en moyenne deux albums par an. Parmi ceux-ci,  » An Evening With Belafonte  » (1957) et  » Jump Up Calypso  » (1961) ont tous deux été certifiés or par la RIAA. Son 30e et dernier album studio, « Paradise in Gazankulu », est sorti en 1988.

Outre sa longue carrière musicale, Belafonte a également travaillé comme acteur. Son rôle principal dans le film Island in the Sun a été jugé controversé dans le sud des États-Unis, en raison de sa représentation d’une romance interraciale. Le film a été interdit de projection à Memphis et des manifestations ont suivi. Malgré cela, le film est devenu numéro un au box-office. Le dernier rôle de Belafonte au cinéma a été un caméo dans le film BlacKkKlansman, réalisé par Spike Lee.

Belafonte a consacré une grande partie de sa vie à l’activisme. Le chanteur a été l’ami et le confident de Martin Luther King Jr, a participé au mouvement des droits civiques, a travaillé comme ambassadeur de bonne volonté pour l’UNICEF et a mené le boycott culturel de l’Afrique du Sud dans les années 1980, dans le sillage de l’apartheid. Il a combiné les deux aspects principaux de sa vie en 1985, lorsqu’il a lancé le single caritatif « We Are The World », qui a connu un grand succès, sous le nom de projet USA 4 Africa.

L’annonce de son décès a donné lieu à une multitude d’hommages de la part des milieux musicaux, culturels et politiques. L’ancien président des États-Unis, Barack Obama, a décrit le défunt Belafonte comme « une légende qui a franchi les barrières et qui a utilisé sa plateforme pour élever les autres ».

Le compte officiel de Rue Sésamea également partagé l’apparition de Belafonte dans l’émission en 1981, en chantant « The Coconut-Counting Man » (l’homme qui compte les noix de coco) :

Stephen Colbert, animateur de The Late Showa décrit l’interview de Belafonte comme « l’un des plus grands honneurs et l’une des plus grandes joies » de sa carrière :

Quincy Jones, ami et collaborateur de longue date, a décrit Belafonte comme « le porte-drapeau de ce que signifie être un activiste/artiste » :

D’autres hommages ont été rendus par le président Joe Biden, Tom Morello de Rage Against The Machine, les enfants de Martin Luther King, Jr. et bien d’autres encore :