In 2018, Bird Box a terrifié le monde. Ce thriller post-apocalyptique mettait en scène une société envahie par des créatures qui, si vous les voyiez, vous pousseraient à vous suicider peu de temps après. Les scènes où Sandra Bullock rame les yeux bandés ont été reprises sur les réseaux sociaux et ont donné lieu à un défi viral où les gens se filmaient en train d’accomplir des tâches quotidiennes les yeux couverts. Il y a eu des blessures. Il y en a eu tellement que Netflix a émis un avertissement.

Cinq ans plus tard, l’histoire est reprise par David et Àlex Pastor, qui ont coécrit Bird Box Barcelone avec original Bird Box du romancier Josh Malerman. Ce volet espagnol n’est pas tant une suite qu’une histoire parallèle – certains éléments se déroulent en même temps que l’action du premier film, propageant l’invasion mortelle en Europe.

Le film suit Sebastian (joué par Mario Casas), qui voyage à travers Barcelone en portant des lunettes noires, et sa fille de 11 ans Anna (Alejandra Howard) dans leur quête de survie. Ils forment un groupe de personnes qui tentent de trouver refuge dans une forteresse dans les montagnes, en menant de sombres luttes pour éviter de faire partie de la prochaine vague de suicides. Certains membres du groupe disparaissent malheureusement, ne laissant que le noyau dur se battre.

Tandis que Bird Box nous a horrifiés, Bird Box Barcelone n’a pas le même effet. Le jeu des acteurs est bon, tout comme la cinématographie – pensez à de nombreux plans d’ensemble dramatiques de la forteresse, à un paysage urbain apocalyptique et à des corps qui se succèdent. Mais le scénario laisse à désirer. Si le premier film trouvait la peur dans ce que nous ne savions pas, cette édition décide qu’elle doit expliquer chaque chose, diluant toutes les frayeurs et enlevant tout le plaisir sombre du film.

De plus, elle n’apporte rien de particulièrement surprenant ou de nouveau à l’intrigue, se contentant de ressasser de vieilles histoires. Il y a bien quelques changements mineurs, mais aucun n’est particulièrement efficace. La religion vient s’ajouter au mélange avec le père Esteban (Leonardo Sbaraglia) qui déclare que les visions mortelles sont un acte de Dieu, aidant à sauver les âmes perdues de leurs corps terrestres et à les emmener au paradis. Lorsque quelqu’un meurt après avoir vu les créatures – qui prennent désormais la forme d’une multitude d’êtres différents, des démons aux extraterrestres – une lumière jaillit de son corps, tentant vraisemblablement de renforcer la théorie spirituelle du prêtre.

Les personnages ne sont pas non plus assez étoffés ou écrits de manière à ce que l’on s’attache à eux ou que l’on se soucie d’eux, même lorsqu’ils traversent de telles horreurs. Il est suggéré que Sebastian – et même Anna – ne sont pas nécessairement de bonnes personnes, peut-être dans l’intention de nous faire nous demander qui mérite d’être sauvé, mais l’information qui nous est donnée n’est pas vraiment suffisante pour nous faire adhérer passionnément à une position sur ce sujet.

Avec des intrigues lourdes sur la désinformation, les traumatismes et la lutte pour l’évolution, Bird Box Barcelone donne souvent l’impression que les scénaristes ont choisi des sujets qui ont fait la une de l’actualité et qu’ils ont essayé d’en faire un film d’horreur moralisateur. Malheureusement pour eux – et pour nous – le résultat n’est pas bon, et l’on espère que la série de films suivra la même voie que la vision de ses personnages les yeux bandés, c’est-à-dire très, très sombre.

Détails

  • Réalisateurs : David Pastor, Àlex Pastor
  • Avec : Mario Casas, Alejandra Howard, Georgina Campbell
  • Date de sortie : 14 juillet (Netflix)